McCurry VS Greene : les aventuriers de la vie

Jusqu’au 26 mai 2019, La Sucrière (Lyon 2ème) accueille l’exposition « Le Monde de Steve McCurry », l’occasion de revenir sur les différentes épopées d’un des membres les plus marquants de la mythique agence Magnum. Mais parmi ces photographes qui ont bravé tous les dangers pour mettre en image la réalité, on retrouve aussi le reporter de guerre Stanley Greene. Décédé en mai 2017, le cofondateur de l’agence Noor se démarque lui aussi par un style bien reconnaissable. Dans ce premier article de notre série « VS » nous allons, à défaut de les comparer, essayer de vous présenter rapidement ces deux monstres sacrés de la photo.


McCurry, portraitiste du monde

Très porté sur l’humain, McCurry s’attelle depuis ses débuts à montrer au monde la diversité des visages qui le composent. Dès la fin des années 1970, le photographe américain accède aux zones tribales (à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan) alors contrôlées par les combattants afghans.

Il en repartira juste après le début des combats, les pellicules pleines et sa légende prête à être forgée. L’authenticité de son reportage et le succès de ce dernier vaudra à Steve McCurry de remporter le prix Robert Capa, pour le « meilleur reportage photographique publié ayant requis un courage et une logistique exceptionnels ».

Bien qu’il ait quelques clichés noir et blanc à son actif, l’oeuvre de McCurry repose en partie sur son utilisation de la couleur. En grand portraitiste, on voit ressortir sur la plupart de ses photographies des émotions toutes aussi différentes les unes que les autres, dont on comprend vite qu’elles sont le moteur de son travail. Habitué des contrées éloignées, ses photos les plus iconiques sont notamment issues de ses séries shootées en Afghanistan et en Inde.


Stanley Greene, entre deux feux

Muni de son premier appareil dès l’âge de onze ans, Stanley Greene se passionne très vite pour l’image, mais c’est d’abord la peinture qu’il va choisir. En 1971, il fait la rencontre de William Eugene Smith qui va l’encourager à se lancer sérieusement dans la photographie. Greene travaille d’abord pour des magazines musicaux et couvre des tournées. A la fin des années 80, sa carrière de photojournaliste commence et c’est la paix qu’il immortalise. Alors qu’il se trouve à Berlin lors de la chute du mur, il prend la photo qui le rendra célèbre : « Kisses to All, Berlin Wall ».

Dans les années 90, il photographie les combats dans les rues de Grozny en Tchétchénie. Celui qui n’aimait pas qu’on le décrive comme un photographe de guerre mais plutôt comme un photographe « engagé », s’est pourtant rendu dans bon nombre de zones sensibles telles que l’Irak, le Soudan ou plus récemment, la Syrie.

Au-delà de marquer par l’image, le credo de Greene était plutôt d’alerter, de montrer les atroces vérités de notre monde. Sa façon de rendre compte de la réalité laisse beaucoup de place à l’interprétation. Malgré cela, ses noirs et blancs froids, brutaux, rendent très parlantes les scènes de combats, de survie ou de désolation.

Malgré deux approches de la photographie assez différentes, nos deux héros du jour sont tout de même réunis par leur envie de marquer les esprits, et toujours avec du fond. La question qu’on a envie de vous poser pour conclure est simple : quelle vérité vous a le plus parlé ? Celle que l’on lit sur les visages de McCurry ? Ou bien celle qui transparaît dans les territoires dévastés de Greene ?

Par Nicolas ANTOINE – 13/03/2019 – VERSUS STUDIO SENZAL

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