Cartier-Bresson VS Riboud : le monde en noir et blanc

Cette semaine dans VERSUS, on vous présente deux artistes qui ont fortement influencé la photographie (et c’est le moins que l’on puisse dire). Ces deux photographes français, connus pour leurs splendides noirs et blancs, ne sont autres que Henri Cartier-Bresson et Marc Riboud.


Henri Cartier-Bresson, l’œil du siècle

Henri Cartier-Bresson est né en 1908. Il devient actif artistiquement à partir de 1926. D’abord attiré par la peinture, il fréquente des surréalistes. En 1930, il part en côte d’Ivoire où il séjournera pendant presque une année. C’est peu après qu’il décide de se lancer sérieusement dans la photographie.

Il fait le tour de l’Europe (France, Espagne, Italie…) avec deux amis artistes et voit ses premières photographies publiées. En 1933, on peut assister aux premières expositions qui lui sont consacrées, à New-York et à Madrid.

Lors d’un séjour à New-York, Cartier-Bresson s’initie au cinéma au contact notamment de Paul Strand. Dans le même temps, ses clichés sont exposés à plusieurs reprises, de nouveau à New-York ainsi qu’à Mexico. Entre 1935 et 1940, il se consacre plus aux films qu’à la photographie. En 1937, il sort deux documentaires à propos de la guerre d’Espagne (Victoire de la Vie & With the Abraham Lincoln Brigade). Aux prémices de la guerre, il rejoint la 3ème armée française dans l’unité « films et photographies », mais il est fait prisonnier le 23 juin 1940. Il s’évade trois ans plus tard et réussit à rejoindre la résistance.

En 1947, il s’installe à New-York et cofonde avec plusieurs photographes (dont Marc Riboud) l’agence Magnum. Il est également exposé au MoMA de New-York, ce qui lui apporte une notoriété internationale. En 1948, il part en Orient et couvre notamment les obsèques de Gandhi et la révolution communiste en Chine. A partir de 1950, il voyage dans le monde entier (URSS, Japon, Inde…) et réalise des reportages pour de grands magazines, comme Life par exemple.

A partir du milieu des années 70, HCB se détache peu à peu de la photographie pour se consacrer presque entièrement au dessin. Cependant, ses travaux continuent d’être exposés en musées et galeries. En 1988 est créé le prix HCB, qui gratifie tous les ans un photo-reporter afin de l’aider dans ses projets. Il reste dans le monde du dessin jusqu’à sa mort, en 2004, après laquelle il laisse une empreinte indélébile dans l’histoire de la photographie.

Ses clichés se démarquent par leur organisation souvent quasi-parfaite, dans une ambiance simple et presque hors du temps, comme s’il n’y avait aucune réflexion derrière. La présence de personnes y est quasiment systématique, bien que ces dernières ne soient pas toujours l’objet principal du cliché.


Marc Riboud : « photographier la vie et tout ce qui bouge »

Marc Riboud naît dans la région lyonnaise en 1923. Alors qu’il n’a que 14 ans, il prend ses premiers clichés à Paris à l’occasion de l’exposition universelle, avec un vieil appareil légué par son père. Peu après la seconde guerre mondiale, il rencontre Henri Cartier-Bresson et Robert Capa par l’intermédiaire de son frère Jean. Galvanisé par ces nouvelles connaissances, il va se lancer corps et âme dans la photographie. C’est en 1953 que Riboud prend le cliché qui va changer sa vie. Perché à plusieurs centaines de mètres de hauteur, il photographie Le Peintre de la Tour Eiffel, image vertigineuse et impressionnante tant par l’endroit que par la tranquillité du peintre. C’est lors de cette même année que le jeune Marc fait son entrée chez Magnum, invité par ses amis HCB et Capa.

Après des premiers reportages en ex-Yougoslavie et en Angleterre, il décide de se rendre en Inde. Il y séjourne une année, passe par la Chine puis arrive finalement au Japon en 1958. De ce voyage dans le pays du soleil levant naîtra son premier ouvrage Women of Japan. De 60 à 62, il est en Afrique et immortalise la décolonisation, particulièrement la liesse algérienne au moment de l’indépendance.

En 67, il est à Washington à l’occasion de manifestations s’opposant à l’intervention américaine au Vietnam. Lors de cet événement, il photographie une jeune femme, pleine d’innocence, qui brandit une fleur devant des soldats en armes prêts à réprimer les manifestants. Cette photo restera iconique et très représentative du mouvement anti-guerre et pacifiste, qui perdurera jusqu’à la fin du conflit en 1975. Marc Riboud se rendra d’ailleurs lui-même au Vietnam à trois reprises afin de documenter le conflit. En mai 1968, il est à Paris pour immortaliser les mouvements sociaux.


Jusqu’à peu avant sa mort en 2016, Riboud continue de voyager, tant pour photographier que pour être présent à ses expositions. Ses photographies sont prises sur le vif, sans aucune préparation, et relatent des scènes marquantes en leur conférant une poésie des plus inattendues.


Par Nicolas ANTOINE – 29/03/2019 – VERSUS STUDIO SENZAL

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